À court terme, non. Le 9 octobre 2026, le World Travel & Tourism Council (WTTC) a demandé à l’Europe d’accélérer le visa Schengen numérique, de délivrer davantage de visas à entrées multiples et de fluidifier les contrôles biométriques aux frontières. Il s’agit de recommandations du secteur privé, pas de nouvelles règles : les conditions d’entrée qui s’appliquent aujourd’hui à votre voyage ne changent pas.
Ce rapport offre en revanche une vision claire de la direction que pourraient prendre les démarches de voyage vers l’Europe au cours de la prochaine décennie, et de la pression que le secteur touristique exerce sur les décideurs de l’UE. Ce guide explique ce que demande le WTTC, pourquoi, et comment distinguer ce qui est déjà en vigueur de ce qui est à venir et de ce qui n’est qu’une proposition.
Qui est derrière la demande de simplification des voyages vers l’Europe ?
Le WTTC représente le secteur privé du voyage et du tourisme à l’échelle mondiale : compagnies aériennes, groupes hôteliers, aéroports, compagnies de croisière, voyagistes et plateformes de réservation. Son rapport, Travel & Tourism in Europe: A Deep Dive Into Growth, Outlook and Policy, a été présenté lors du 26ᵉ Sommet mondial de l’organisation, organisé à La Valette (Malte). Il définit huit priorités stratégiques pour l’Europe, de l’investissement et la durabilité à la main-d’œuvre, la connectivité et l’adoption de l’IA.
Le moment n’a rien d’un hasard. Plusieurs pays européens déploient de nouvelles stratégies nationales de tourisme, la Commission européenne prépare la première stratégie touristique propre à l’UE, et les négociations sur le budget à long terme de l’UE pour 2028-2034 sont en cours. Le secteur veut que la facilitation des voyages soit sur la table pendant que ces décisions se prennent.
Pour les voyageurs, la priorité la plus pertinente est ce que le WTTC appelle les « voyages sûrs et fluides » : comment obtenir l’autorisation de visiter l’Europe, et à quelle vitesse en franchir les frontières.
Pourquoi le WTTC veut-il davantage de visas Schengen à entrées multiples ?
Un visa Schengen à entrées multiples permet d’entrer dans l’espace Schengen plusieurs fois pendant sa durée de validité, au lieu de devoir le redemander pour chaque voyage. Le rapport signale un net recul de son usage. Les États Schengen ont délivré 5,3 millions de visas à entrées multiples en 2025, soit 40 % de moins qu’en 2019, et leur poids dans le total des visas délivrés est passé de 59 % à 51,7 % sur la même période.
L’argument du WTTC porte sur les visites récurrentes. Un voyageur qui doit passer par une demande consulaire complète avant chaque voyage a moins de chances de revenir régulièrement qu’un voyageur disposant d’un visa valable plusieurs années. Par ailleurs, la délivrance totale de visas Schengen n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant la pandémie, ce que le secteur considère comme une occasion manquée.
Quand le visa Schengen sera-t-il numérique ?
Aujourd’hui, un visa Schengen approuvé reste une vignette physique collée dans le passeport. La législation de l’UE prévoit déjà de la remplacer par une plateforme commune en ligne sur laquelle les demandeurs déposent leur demande, joignent leurs justificatifs et paient les frais, puis reçoivent un visa numérique au lieu d’une vignette. Selon le calendrier de référence de la Commission européenne, cette plateforme est attendue vers 2030, en fonction des avancées techniques. Le WTTC voudrait que ce calendrier soit avancé.
Que demande le secteur sur l’EES et l’ETIAS ?
Le WTTC ne remet pas en cause les deux nouveaux systèmes qui transforment l’entrée en Europe. Il reconnaît qu’ils renforcent la sécurité. Ce qui l’inquiète, c’est leur effet sur l’expérience des passagers.
Concernant l’Entry/Exit System (EES), pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, le rapport souligne les files d’attente, les retards et les correspondances manquées observés pendant son déploiement. Sa position : l’enregistrement biométrique doit s’accompagner d’un passage de frontière fluide. Pour le détail opérationnel de ce qui s’est passé cet été dans les aéroports européens et la situation pays par pays, consultez [notre article sur le déploiement de l’EES](URL à insérer).
Concernant l’ETIAS, le rapport évoque un lancement prévu début 2027. Il ne s’agit pas d’une date officielle. La position de l’Union européenne reste que l’ETIAS n’est pas encore opérationnel et que sa date de démarrage sera annoncée plusieurs mois à l’avance. En octobre 2026, il n’y a encore rien à demander. [Notre guide complet de l’ETIAS](URL à insérer) explique qui en aura besoin et comment se déroulera la demande.
L’Europe pourrait-elle avoir son propre programme de voyageurs de confiance ?
L’une des propositions les plus ambitieuses du rapport est un programme de voyageurs de confiance à l’échelle de l’UE, inspiré d’initiatives comme le Global Entry américain et fondé sur la reconnaissance mutuelle entre programmes. Les voyageurs vérifiés au préalable passeraient les contrôles frontaliers plus rapidement grâce à la biométrie, sans même s’arrêter à un poste de contrôle traditionnel.
Le WTTC demande aussi des règles européennes cohérentes sur l’usage volontaire de la biométrie dans les aéroports, notamment au regard du RGPD. Aujourd’hui, les règles sur la reconnaissance faciale à l’embarquement et au contrôle frontalier varient selon les États membres, ce qui limite la capacité des aéroports à automatiser le parcours du passager.
Ce sont des propositions du secteur, pas des mesures adoptées par l’Union européenne. Aucun programme de ce type n’existe aujourd’hui, et aucun calendrier de création n’est prévu.
Pourquoi le coût d’un voyage en Europe préoccupe-t-il le secteur ?
Le rapport pointe un problème moins visible : l’accumulation de petits frais liés à un voyage international. Les taxes sur les passagers aériens, les taxes touristiques, les frais d’hébergement et les autorisations de voyage électroniques, comme l’UK ETA et le futur ETIAS, peuvent sembler modestes séparément. Mises bout à bout, avertit le WTTC, elles pourraient affaiblir l’attractivité de certaines destinations.
Pour les voyageurs, la conclusion pratique est d’ordre organisationnel. Un voyage combinant le Royaume-Uni et l’espace Schengen impliquera bientôt deux autorisations distinctes, chacune liée à son passeport et avec sa propre durée de validité. Suivre les deux, et savoir à quel passeport chacune est liée, fait déjà partie de la préparation habituelle d’un voyage.
Vous ajoutez le Royaume-Uni à votre voyage en Europe ?
Votre UK ETA doit être approuvée avant l’embarquement. Faites votre demande en ligne, dans votre langue : nous vérifions votre dossier à la recherche d’erreurs avant de l’envoyer.
Pourquoi l’Europe cherche-t-elle des visiteurs venus de plus loin ?
L’Europe reste la première région touristique du monde, avec 757,3 millions d’arrivées internationales avec nuitée en 2025, soit 49,1 % du total mondial. Pourtant, près des trois quarts de ces arrivées provenaient de l’Europe elle-même.
Les marchés long-courriers offrent un panorama contrasté :
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Les arrivées depuis la Chine restent 43,2 % en dessous de leur niveau de 2019, tandis que le Japon et la Corée du Sud se situent environ 30 % en dessous.
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Les arrivées depuis les États-Unis sont 23,2 % supérieures à celles de 2019.
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Certains marchés émergents progressent vite depuis de petites bases : l’Ouzbékistan a augmenté de 73,9 % et le Kirghizistan de 56,7 % en 2025.
C’est ici que l’argument des visas devient économique. Le WTTC recommande de combiner le marketing de destination sur les marchés long-courriers avec un accès facilité aux visas, car des démarches compliquées limitent le retour sur investissement de la promotion. Beaucoup de voyageurs d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ont encore besoin d’un visa Schengen : la rapidité et la prévisibilité de ce processus conditionnent donc directement leur choix de destination. Avec des arrivées qui devraient atteindre 1 140 millions en 2036, et une Espagne projetée pour dépasser la France comme destination la plus visitée au monde à cette échéance, les enjeux sont de plus en plus importants.
Qu’est-ce qui est en vigueur, à venir, ou simplement proposé ?
Avec plusieurs systèmes et réformes en discussion en même temps, les classer par statut est le moyen le plus simple de voir ce qui s’applique réellement à vous.
En vigueur aujourd’hui (octobre 2026) :
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L’EES aux frontières extérieures de l’espace Schengen, avec enregistrement biométrique pour les voyageurs de court séjour non ressortissants de l’UE.
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Le visa Schengen traditionnel, toujours délivré sous forme de vignette dans le passeport, pour les nationalités qui y sont soumises.
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L’UK ETA, exigée depuis février 2026 des voyageurs exemptés de visa se rendant au Royaume-Uni, y compris les citoyens de l’UE.
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La limite de 90 jours sur toute période de 180 jours pour les visiteurs exemptés de visa dans l’espace Schengen.
Prévu, mais pas encore opérationnel :
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L’ETIAS, sans date officielle de lancement annoncée en octobre 2026.
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Le visa Schengen numérique et la plateforme commune de demande de l’UE, prévus vers 2030.
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Une réforme du Code des visas Schengen, actuellement en préparation par la Commission européenne.
Simples propositions du secteur :
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Un retour à un usage plus large des visas Schengen à entrées multiples.
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Un programme de voyageurs de confiance à l’échelle de l’UE, avec reconnaissance mutuelle de programmes comme Global Entry.
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Un cadre européen commun pour la biométrie dans les aéroports.
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Une conclusion plus rapide du Youth Experience Scheme entre le Royaume-Uni et l’UE, qui faciliterait la mobilité des jeunes entre les deux.
Le rapport du WTTC change-t-il quelque chose pour votre prochain voyage ?
Non. Vos conditions d’entrée dépendent de votre nationalité et de votre itinéraire, et aucune des recommandations du WTTC n’a été adoptée. Si vous avez besoin d’un visa Schengen, la démarche consulaire ne change pas. Si vous êtes exempté de visa, un passeport valide reste suffisant pour l’espace Schengen jusqu’au lancement de l’ETIAS.
La seule autorisation mentionnée dans le rapport qui s’applique déjà est l’UK ETA. Si votre voyage en Europe inclut une escale au Royaume-Uni, vous avez besoin d’une UK ETA approuvée avant d’embarquer, sauf si vous êtes citoyen britannique ou irlandais, ou si vous disposez déjà d’une autorisation d’immigration britannique. Cela s’applique de la même façon aux titulaires de passeports de l’UE, des États-Unis, du Canada et d’Australie, et à chaque voyageur de votre groupe, enfants compris. [Notre guide complet de l’UK ETA](URL à insérer) détaille les modalités.
Comment Service eVisa s’intègre à vos projets de voyage en Europe
Service eVisa est spécialisé dans les autorisations de voyage électroniques et les eVisas. Nous ne traitons pas les demandes de visa Schengen, gérées par les consulats et leurs centres de visas désignés, et l’enregistrement à l’EES se fait à la frontière.
Nous pouvons vous aider pour les autorisations qui s’appliquent aux voyageurs exemptés de visa : l’UK ETA dès aujourd’hui, et l’ETIAS lorsque l’Union européenne ouvrira les demandes. Notre plateforme est disponible en plusieurs langues et vérifie l’exactitude et l’exhaustivité de votre demande avant l’envoi, car une seule discordance avec les données de votre passeport peut aboutir à un refus d’embarquement. Nous proposons un traitement express si votre départ est proche, et notre équipe support reste à votre disposition en cas de question pendant la demande.
Non. Le WTTC est une organisation mondiale qui représente des entreprises privées du voyage et du tourisme. Ses recommandations ne sont pas contraignantes et ne produisent d’effet que si les institutions de l’UE ou les États membres les adoptent.
Pas encore. La demande du WTTC est une recommandation. Tout changement passerait par la réforme du Code des visas Schengen que prépare la Commission européenne, qui n’a pas été adoptée.
Non. Le rapport évoque début 2027, mais seule l’Union européenne peut fixer la date officielle. Elle s’est engagée à l’annoncer plusieurs mois avant que l’ETIAS ne devienne obligatoire.
Non. Un programme de voyageurs de confiance à l’échelle de l’UE est une proposition du WTTC. Aucun programme de ce type n’existe aujourd’hui dans l’espace Schengen, et l’UE n’a annoncé aucun projet de création.
